Nouvelle journée en Guadeloupe, sur Basse Terre. A Deshaies, nous nous réveillons tôt. Nous avons prévu, si le temps est avec nous, de réaliser un des incontournables de Guadeloupe : randonner jusqu’au sommet de la Soufrière. Les jours précédents, le sommet était plutôt dans les nuages. Mais aujourd’hui, la météo semble favorable et au loin, la Soufrière semble dégagée (parce que même s’il fait beau partout ailleurs, le plus haut sommet de l’île a souvent la tête dans le brouillard). Nous prenons donc la route, et une heure et demi plus tard, nous nous garons le long de la route, aux abords du point de départ de la randonnée. Il y a déjà beaucoup de voitures, il risque d’y avoir du monde sur les sentiers. Nous optons pour la version classique de la randonnée, environ 7km, 500m de dénivelé, 4 à 5h de marche. Sacs au dos, eau, quelques gateaux et bien évidemment, appareil photo et nous voici partis pour l’une des plus belles randonnées avec une atmosphère vraiment exceptionnelle.

Des Bains Jaunes à la Savane aux Mulets : le Pas du Roy

La randonnée part du parking des Bains Jaunes : un bassin alimenté par une source naturelle d’eau chaude et soufrée (d’où le jaune). La baignade y est possible, et après la randonnée c’est plutôt agréable. Ensuite, nous suivons un chemin pavé qui traverse la forêt tropicale humide, le Pas du Roy. Et très humide, la forêt. D’une humidité vraiment palpable. C’est la partie qui a été la plus difficile et la plus désagréable pour moi. 200m de dénivelé sur 1,2km. Ca grimpe, mais ça ne serait pas trop compliqué s’il n’y avait cette humidité extrême. L’impression de suer des litres sans avoir fait d’effort, de sentir l’eau ruisseler dans mon cou, de ne plus respirer librement. Pour l’asthmatique que je suis, c’est un petit enfer … 30 min plus tard, nous débouchons enfin à l’air libre, sur la Savane aux Mulets (ancien point de départ de l’ascension, avant que la route ne soit coupée par un éboulement). Je respire de nouveau et reprend mon souffle. De là, nous voyons le sommet de la Soufrière. Pour le moment, il est encore bien visible (même si on aperçoit aussi la brume pas très loin), nous continuons l’ascension.

L’ascension par le Chemin des Dames

Le chemin monte d’abord lentement le long du flanc de la Soufrière, le paysage se dévoile à nous avec une jolie vue sur la côte. Peu à peu le brouillard descend du sommet, nous voilant la vue ou nous la dégageant selon les moments. Les paysages sont d’abord très verts, puis l’ocre et le jaune s’imposent en grandes tâches impressionnistes, la végétation se fait de plus en plus rase. Nous sentons que nous approchons du sommet. La pente se fait plus forte. Après 1h30 de grimpette, la fatigue se fait sentir. Nous faisons une pause au milieu du sentier pour avaler quelques gâteaux et un peu d’eau en profitant d’une vue bien bouchée…

Finalement, nous entrons dans un épais brouillard qui ne nous quittera plus jusqu’au sommet. Le sentier se dévoile peu à peu sous nos pas, la visibilité est limitée, il faut faire attention où nous mettons nos pieds, d’autant plus que nous sommes dans la partie finale de l’ascension et que la pente est très forte. Certains passages ont été aménagés mais par moment, cela ressemble à de l’escalade. J’ai rangé l’appareil photo en raison de la difficulté et de l’absence de visibilité.

Au sommet de la Soufrière

C’est toujours dans le brouillard que nous arrivons enfin au sommet de la Soufrière : la Découverte, 1467m. Tant pis pour le panorama à 360° sur Basse Terre. Tant mieux pour l’ambiance. Nous nous retrouvons dans un paysage post-apocalyptique où les couleurs semblent avoir été absorbées par la brume. Tout est brun. Quelques tâches vertes de végétation, beaucoup de mousse, un peu d’ocre et de jaune soufre toujours. Le paysage disparait dans le brouillard. Le cratère central apparait enfin, vaste trou gris dans cette atmosphère lunaire. Des fumerolles s’échappent de cratères secondaires, laissant des traces jaunes sur les parois et se mêlant à la brume. L’odeur de soufre est omniprésente, oppressante. Nous prenons le temps de suivre le chemin balisé et d’explorer cette zone étrange où la vie lutte pour échapper à la toute-puissance des éléments. On sent le volcan gronder pas si loin sous la surface. On admire et on s’imprègne de cette atmosphère hors du commun.

La descente

Nous quittons finalement l’ambiance lunaire du cratère pour entamer la descente. La partie haute est la plus délicate, il faut faire attention à cause de la pente et des cailloux qui roulent sur les chaussures. Finalement, ma maladresse ne s’en sort pas si mal… pour le moment. Au retour, nous aurons de la chance, la nappe de brouillard est remontée vers le sommet et nous profitons d’une vue dégagée vers la côte mais aussi sur les formations géologiques propres à un environnement volcanique : la grande faille, l’éboulement Faujas, …

La descente se passe vite et bien, jusqu’à ce que je fasse une nouvelle fois mon boulet. Après 3h de marche assez ardue et nécessitant une bonne dose d’attention, la fatigue arrive, l’attention se relâche et le pied glisse sur un caillou. Boum, c’est la chute. Heureusement, plus de peur que de mal. Juste quelques bleus et égratignures. Et dire que nous étions quasiment arrivés ! nous débouchons finalement sur la savane aux mulets. Le sommet de la Soufrière est bien caché par la brume, qui est de nouveau redescendue sur les flancs du volcan. Un  dernier effort pour retraverser l’humidité de la forêt par le pas du Roy et nous voilà de retour à la voiture. L’aller retour nous a pris un peu moins de 4h, en prenant notre temps, avec plusieurs arrêts et en profitant bien du sommet.

Conseils

  1. si vous avez une forme physique correcte (je rappelle que je ne suis pas une grande sportive, que mon asthme me fait souffrir à chaque effort un peu intense, et que j’ai pourtant réussi à grimper au sommet), ne ratez pas cette randonnée. Même si le sommet est dans la brume, cela mérite le détour et accentue encore plus l’atmosphère spéciale du cratère.
  2. vérifiez toujours les conditions météo avant de partir, prenez les bonnes décisions et ne prenez pas de risques (par temps de pluie, la partie finale de l’ascension peut être dangereuse).
  3. équipez vous en conséquence (chaussure de randonnée, chapeau, crème solaire …) et n’oubliez pas d’emporter suffisamment d’eau et de provisions pour la balade.
  4. venez tôt le matin. D’abord pour pouvoir vous garer plus facilement; ensuite pour profiter des meilleures conditions, la brume a tendance à descendre au fur et à mesure de la journée.

2 commentaires : “Ascension de La Soufrière”

  1. J’aimerais beaucoup passer deux semaines à la Réunion pour faire des randonnées de ce type! Certaines vues sont impressionnantes et on a l’impression que vous êtes seuls au monde!!

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.